Une diplômée nommée directrice générale adjointe pour les Alouetttes

Une diplômée nommée directrice générale adjointe pour les Alouetttes

CATHERINE RAÎCHE
PASSIONNÉE ET PIONNIÈRE

Catherine Raîche ne le cache pas. Son objectif à long terme est d’occuper le poste de directrice générale d’une équipe de football professionnel. Hier, elle s’est approchée un peu plus de son rêve ultime en devenant officiellement l’adjointe de Kavis Reed, DG des Alouettes.

« C’était le poste que je visais dans mon plan de carrière, mais c’est sûr que ça s’est fait un peu plus rapidement que je ne le prévoyais. Dans le monde du football, il faut saisir les occasions lorsqu’elles passent », a commenté Raîche, hier.

Embauchée comme coordonnatrice de l’administration football par les Alouettes en décembre 2015, Raîche est avocate de formation. Son nouveau poste est celui de directrice générale adjointe des opérations football, tandis que Joe Mack occupera le poste de directeur général adjoint du personnel des joueurs.

« J’ai eu la chance de travailler avec Kavis l’année dernière et on a développé une belle relation de travail. Qu’il me fasse confiance en me donnant ce poste me touche énormément. Je suis prête à relever le défi », a ajouté celle qui se passionne pour le football depuis la tendre enfance.

« J’ai toujours été très sportive et j’aime beaucoup le sport, mais j’ai eu un intérêt pour le football très tôt. »

— Catherine Raîche 

« Mon père est un grand fan de football et des Alouettes, alors je regardais les matchs avec lui. Mon premier chandail de football était celui de Mike Pringle, alors je n’étais pas vieille », a noté celle qui fêtera ses 28 ans dans quelques jours.

En plus de regarder des matchs de la LCF et de la NFL et de jouer à des jeux vidéo de football avec son père, Raîche a été impliquée directement avec les équipes dont faisait partie son jeune frère.

« Ma mère a même été la gérante de l’une de ses équipes, alors je passais mes week-ends dans le monde du football. J’ai ensuite été impliquée dans les équipes de football lorsque j’étudiais au Collège André-Grasset et à l’Université de Sherbrooke », a raconté Raîche, qui a travaillé durant trois années dans un cabinet d’avocats après avoir terminé ses études.

« Lorsque je faisais mon droit, j’ai réalisé que je voulais travailler dans le sport. Au départ, je pensais me diriger vers une carrière d’agent, car c’est souvent ce que font les avocats. Mon objectif était de pratiquer le droit durant trois ans, et c’est ce que j’ai fait. Je voulais réfléchir à ce que je voulais faire durant cette période, et mon choix s’est arrêté sur la LCF. C’est à ce moment que j’ai contacté les Alouettes. »

POUR L’AMOUR DU FOOTBALL

Il n’y avait toutefois aucune ouverture chez les Als lorsque Raîche a fait sa démarche. Ce qui ne l’a pas empêchée de se présenter au camp d’entraînement de l’équipe au campus de l’Université Bishop’s, en 2015.

« Je voulais voir de quelle façon ça fonctionnait, et c’est à ce moment que j’ai rencontré Jim [Popp] pour la première fois. J’ai pu voir un peu comment il travaillait », a raconté Raîche, qui travaillait encore comme avocate à ce moment.

Après avoir aidé les Alouettes dans différents dossiers à titre de consultante durant toute la saison 2015, sans être rémunérée, Raîche a reçu une offre de Popp et des Alouettes en décembre de la même année. Elle a quitté son emploi d’avocate à ce moment.

« Ma famille et mes amis étaient super heureux pour moi, car ils savaient que c’est ce que je voulais faire. Les gens au cabinet d’avocats étaient déçus que je parte, et certains d’entre eux ne comprenaient pas que je puisse laisser une carrière en droit pour travailler dans le monde du sport, qui est tellement incertain », a indiqué Raîche, qui a accepté une importante diminution salariale afin de pouvoir pratiquer le métier qui la passionne.

« Il n’y a pas de prix à venir au travail et ne pas sentir qu’on travaille. C’est un peu quétaine de dire ça, mais c’est tout ce qu’il y a de plus vrai. »

DES EXEMPLES INSPIRANTS

Parce qu’il s’agit d’un sport où il y a des pièces d’homme de plus de 300 livres et de percutants coups d’épaule, le football est souvent perçu à tort comme un sport de brutes et de machos.

Mais parmi les principaux sports professionnels en Amérique du Nord, le football est probablement celui qui a fait le plus de place aux femmes. Il y a déjà une femme arbitre et une femme entraîneuse dans la NFL, et les exemples sont nombreux dans les opérations football.

Il y a notamment eu Amy Trask chez les Raiders d’Oakland et Dawn Aponte avec les Dolphins de Miami. Dans la LCF, Jo-Anne Polak est devenue la première femme à occuper un poste de DG d’une équipe professionnelle à la fin des années 80. Elle n’avait que 29 ans lorsqu’elle a obtenu le poste chez les Rough Riders d’Ottawa.

« C’est très inspirant de savoir que ces femmes ont occupé des postes importants au sein d’équipes professionnelles. Ça m’inspire de voir leur parcours et ça démontre que c’est possible pour une femme d’atteindre cet objectif », a dit Raîche.

LE DIALECTE DU FOOTBALL

Grâce notamment à ses connaissances en droit, Raîche est très impliquée sur le plan des contrats de joueurs, du plafond salarial et des éléments administratifs. Vieux routier de la LCF et de la NFL, Mack sera davantage chargé des dépisteurs et de l’évaluation des joueurs.

Cela dit, Raîche participera tout de même à ces aspects. Et c’est précisément sur ce plan qu’elle entend mettre les bouchées doubles au cours des prochaines années.

« Même si je travaille plus du côté opérationnel pour l’instant, c’est certain que je veux m’impliquer dans le recrutement et l’évaluation de joueurs. Tous les membres des opérations football ont des joueurs à évaluer, et c’est la même chose pour moi. Je veux parfaire mes connaissances à ce niveau. Je sais que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, et j’en apprends tous les jours. »

Raîche a assisté au Shrine Game, match regroupant des espoirs qui espèrent faire carrière au football, en Floride samedi dernier. Elle évalue déjà les joueurs et le jeu des autres équipes de la LCF.

« Lorsque les gars parlent de certains joueurs durant nos réunions, je dois savoir de qui ils parlent. C’est intimement lié aux contrats et au plafond salarial. » 

« Avant d’offrir un contrat à un joueur, il faut savoir de qui on parle et à quels autres joueurs on peut le comparer. Il est donc impératif de bien connaître les joueurs et la ligue. »

— Catherine Raîche

La jeune femme est d’ailleurs de plus en plus à l’aise dans l’évaluation de joueurs. C’est plutôt le jargon et les termes propres au football qui lui donnent un peu plus de mal.

« Je dois me familiariser avec la terminologie pour faire mes rapports de joueurs, c’est probablement ce qui est le plus difficile. C’est une chose de pouvoir dire qu’un joueur est bon dans cet aspect du jeu ou un autre, mais on doit être capable de bien l’exprimer en des termes justes et précis. Mais c’est fascinant à apprendre, j’adore ça. »

Raîche préfère-t-elle l’aspect administratif ou le côté sportif de son travail ?

« C’est le meilleur des deux mondes pour moi. Le côté administratif est très agréable, car il y a beaucoup de subtilités dans la convention collective de la LCF. Puis il y a l’étude du football et tout ce qu’il y a à apprendre de ce côté-là. »

Elle est toutefois un peu plus catégorique lorsqu’on lui demande si elle croit pratiquer le droit à nouveau un jour.

« Les choses peuvent parfois changer très rapidement, mais je me vois travailler dans le football pour les 20 ou 30 prochaines années. »

Sources : MIGUEL BUJOLDLA LA PRESSE